En 1981, Salman Rushdie devient célèbre avec la publication de Midnight’s Children. Trente ans plus tard, l’écrivain signe le scénario de cette saga cinématographique, en plus d’en assurer la narration. Au cœur de l’épopée, qui s’étend de 1917 à 1977, la petite histoire croise la grande, au fil de deux parcours exaltants et chaotiques : celui de l’indépendance de l’Inde et de la sanglante partition pakistanaise, et celui d’un garçon pauvre aux dons télépathiques, échangé en secret à la naissance avec le bébé d’une famille riche. Secrets familiaux et violences politiques, fantômes et assassins, femmes fortes et filles perdues, amours trompées et vengeances passionnelles: on retrouve, dans cet Autant en emporte le vent indien, le réalisme magique d’un García Márquez, l’humanisme désespéré d’un John Irving et la munificence touffue du roman original. La sensualité chatoyante des images de Giles Nuttgens, la musique ensorcelante de Nittin Sawhney et la mise en scène assurée de Deepa Mehta font de ce film-fleuve un envoûtant voyage. — Éric Fourlanty